Entreprendre grâce aux bonnes rencontres

interview peggy dreux hura portage

Parfois l’entrepreneuriat est une opportunité qui s’offre à nous, alors que nous ne l’avions pas forcément envisagée.

C’est exactement ce qui s’est passé pour Peggy.

Après avoir été salariée pendant plus de 10 ans dans le secteur du portage salarial, elle se voit courtiser pour créer sa propre société (de portage salarial). Un choix effrayant mais qui s’avérera payant.

Elle qui est si discrète sur les réseaux sociaux et qui est mal à l’aise quand il s’agit de parler d’elle, a tout de même accepté pour Agitation Collective de revenir sur son parcours entrepreneurial et nous livrer les clés de son succès.


Tu as créé Hura Portage en 2015. Peux-tu nous raconter les coulisses de ton grand saut ?

En fait tout remonte en 2014 lors d’un rendez-vous commercial où le client lui-même m’a demandé pourquoi je ne créais pas ma propre société de portage. Dans la foulée, il me propose de m’associer avec lui. Finalement, le projet n’aboutit pas faute de financement. Mais l’idée d’entreprendre reste dans mon esprit et fait son chemin. C’est lors d’une 2ème rencontre avec un serial entrepreneur que je décide de faire le grand saut avec lui. Un cheminement de presque 1 an et demi.

Le contexte compliqué (ambiance délétère fin 2014) avec la hiérarchie, et notamment mon supérieur direct, a fini de me convaincre.

Pourquoi avoir choisi d’entreprendre dans le même secteur d’activité ?

Malgré mes relations difficiles avec mon chef, j’ai toujours adoré ce que je faisais. Il n’a jamais été question pour moi de faire autre chose. Mes clients et mes consultants m’ont toujours dit que je faisais un travail de qualité. Je n’ai jamais douté de ma capacité à continuer à travailler dans ce secteur d’activité.

Ce qui me déplaisait, c’était que j’étais en désaccord avec les stratégies ordonnées par ma hiérarchie. On me demandait d’essayer des stratégies commerciales que je savais non payantes à court terme et d’abandonner mes méthodes commerciales basées sur l’approche réseau / relationnel qui, pourtant avaient fait leurs preuves jusque-là. Je trouvais ça absurde.

J’ai toujours eu conscience qu’on pouvait mieux faire. Et j’avais envie de faire mieux, de mettre en œuvre mes idées, ma stratégie.

Alors justement, quelle était ta vision / ton ambition en créant Hura Portage ?

Avant toute chose, j’avais à cœur de faire des vraies ressources humaines en ayant des relations humaines. Je fais un métier de service. J’accompagne des hommes et des femmes qui ont accepté de prendre un risque en s’engageant dans la voie de l’entrepreneuriat. Une voie faite de pentes, de virages, jonchée de peaux de bananes. Mon rôle, c’est d’aplanir le terrain et de balayer les obstacles pour que ces hommes et ces femmes avancent sereinement dans cette nouvelle aventure. 

Et pour ça, je pense que la tendance du tout digital vers lequel se dirigent beaucoup d’acteurs du secteur n’a guère de valeur ajoutée auprès des consultants. Ma réflexion va à l’opposé de cette tendance qui se dessine de plus en plus.

Ma vision pour Hura Portage, c’est d’être un artisan qui fait du sur-mesure, qui privilégie les contacts humains et les relations sincères et authentiques.

Et on peut dire que ton succès est assez fulgurant (même si tu es trop modeste pour l’admettre) :  + 1 million d’euros de chiffre d’affaires la première année et une croissance annuelle à 2 chiffres. C’est quoi ton secret ?

Si je dois analyser ce « succès », je dirais qu’il repose sur 2 choses :

  1. Au début, j’ai beaucoup prospecté. J’ai concentré mes efforts sur les cabinets et les entreprises de taille modeste auprès desquels j’étais convaincue d’être la plus utile. J’ai construit avec eux un partenariat gagnant-gagnant : je les ai notamment aidés dans la mise en place de leurs contrats et dans la finalisation de l’onboarding des consultants. C’est ainsi que nous avons grandi ensemble et que chacun a contribué au développement du chiffre d’affaires de l’autre. Et aujourd’hui encore, je continue de travailler avec chacun de mes clients dans cette logique de coopération. C’est dans cette équilibre des forces, où chacun est utile à l’autre, que je m’épanouis le plus et c’est ce qui rend mon métier plaisant. Je pense que c’est cette façon de travailler qui me vaut une véritable fidélité de leur part et une recommandation systématique de mes services auprès de leurs réseaux et de leurs consultants.

Aujourd’hui, plus de 80% des consultants qui sont portés par Hura Portage proviennent du bouche-à-oreille.

  • Ce qui m’amène au 2ème « pilier » de ma stratégie : le réseau et le bouche-à-oreille. Les clients (entreprises et consultants) que j’ai acquis au démarrage m’ont recommandée auprès de leurs réseaux. Et puis, quand des collaborateurs avec qui j’avais l’habitude de travailler ont décidé de créer leur propre cabinet, ils ont immédiatement pensé à moi comme partenaire pour gérer la relation avec leurs consultants. C’est comme ça qu’un cercle vertueux s’est créé.

Tu es maman de 2 enfants, ton mari a un poste à responsabilité dans une grande boîte : comment arrives-tu à concilier ton rôle de super-maman, femme attentionnée et businesswoman à succès ?

D’abord, j’ai eu la chance de faire le grand saut quand mes filles étaient relativement petites. Les 2 premières années, l’activité de la société allait crescendo et m’a donc laissé du temps pour m’occuper d’elles. D’autre part, je suis dans un métier où un téléphone et un PC suffisent pour faire très bien son travail. La 1ère année, tous les vendredis après-midi, je travaillais de chez moi.

Mes filles devenant de plus en plus autonomes, j’ai pu prendre de plus en plus de temps pour la société. Aujourd’hui, je ne suis pas une super-woman toute seule : je suis aidée par mes filles et mon mari. Je dirais plutôt qu’on est une super famille.

Notre aide au quotidien : un agenda familial collé sur le frigo, où chacun y met ses activités et ses absences afin de permettre à toute la famille de s’organiser.

Mais quoi qu’il arrive, la règle d’or c’est qu’il y ait toujours un adulte qui mange avec les filles le soir. Le moment du repas est et doit rester un moment de partage.

Pour finir, quelle leçon apprise de tes 4 années d’entrepreneur voudrais-tu partager avec nos lecteurs ?

Ne pas se lancer seul(e), bien s’entourer et ne pas hésiter à demander de l’aide : c’est le conseil que j’ai envie de donner aux futurs entrepreneurs.

Dans mon cas, le fait d’avoir un associé qui m’a fait confiance et mon mari qui a toujours cru en moi et qui est d’un soutien indéfectible : c’est ce qui m’a permis d’aller de l’avant en étant gonflée à bloc.

Et puis quand en septembre 2015 j’ai connu un moment de creux (je trouvais que ça n’allait pas assez vite, j’avais du mal à reprendre après les congés), j’ai déjeuné avec une amie entrepreneure à qui j’ai pu confier mes doutes. Et hop, me voilà repartie de plus belle !

Donc en résumé, ce que j’ai envie de dire à ceux qui veulent se lancer : trouvez du soutien ! Embarquez d’autres personnes dans votre projet, comme associé ou juste pour avoir un regard extérieur. C’est de cette façon que vous progresserez et que vous trouverez l’énergie d’avancer !


🔎 Où retrouver notre invitée ?

Son site pour en savoir plus sur le portage salarial 👉 www.hura-portage.com

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