Entre précarité et fausse liberté, les pièges du freelancing

les pieges du freelancing

Vous en avez marre de votre cadre de travail contraignant, de votre chef qui ne valorise pas assez votre travail (et qui vous sert la même soupe à la grimace chaque fois que vous osez demander une augmentation) ? Vous vous dites que « vous n’êtes pas venu ici pour souffrir, ok !?» et songez alors à vous libérer de ces chaînes pour vous envoler de vos propres ailes ? Devenir freelance semble être la réponse à vos frustrations, la clé vers votre Eden. Avant de poser votre démission et de chanter « Au revoir Président ! », prenez un instant pour faire le point sur vos vraies aspirations et à ce qui vous attend de l’autre côté du salariat. Car le rêve d’indépendance et d’autonomie que vous imaginez pouvoir vivre en freelance peut laisser parfois place à une réalité plus amère.

Quand le client est roi (un peu trop parfois)

A moins d’être la Beyoncé de votre domaine d’activité, vous pouvez allez rencontrer des clients sans foi ni loi pour qui toute cette main-d’œuvre micro-entrepreneure est une aubaine pour eux :

  • d’acheter des compétences à meilleur bas prix (celui qu’ils auront fixé),
  • de payer pour un travail bien fait (dans un délai qui leur sied)
  • le tout, sans les contraintes de vous avoir en tant que salarié
  • et en exigeant de vous que vous soyez corvéable à souhait

De liberté ici il n’est plus question.

C’est presque à vous faire regretter ce salaire (pas si minable tout compte fait) qui avait au moins le mérite de tomber chaque mois (sans trop vous fatiguer si vous le vouliez).


Un freelance averti en vaut 2 

  • Travaillez votre posture : vous n’êtes plus salarié donc négocier votre mission, du contenu jusqu’aux conditions de réalisation ! Ne vous laissez pas imposer les termes d’un contrat qui donne tous les droits à votre client !
  • Prenez confiance et affirmez votre valeur : votre client a un problème et VOUS avez le pouvoir de le soulager de son fardeau. Et c’est pour ça qu’il vous paiera le juste prix (le vôtre 😉)
  • Sachez dire F***K (ou NON, selon votre humeur) : comme en amour, parfois il vaut mieux renoncer à une relation qui va ruiner votre santé que vous entêter jusqu’à ce que la haine vous sépare.

Travailler plus sans forcément gagner plus

Quand on débute en freelance, on n’a qu’une seule chose en tête : trouver des clients. Et pour gagner leurs faveurs, on serait prêt à vendre la réalisation d’un site web complexe et son référencement pour le même prix qu’un abonnement d’un an dans une salle de sport low-cost. Vous vous dites que vous maîtrisez votre sujet et que ce projet, en 10 jours max c’est plié ! C’est sans compter sur le fait que votre client, malgré le rabais, n’en sera pas moins un client qui peut vous faire ch**r : multiplication des demandes, des allers-retours. Ceux sans foi ni loi n’hésiteront d’ailleurs pas à vous solliciter jour et nuit, week-end compris.

Résultat : un projet que vous avez estimé réalisable en 10 jours peut rapidement vous en prendre le double, sans que vous ne puissiez demander à être payé pour ces jours supplémentaires travaillés.

Les calculs sont pas bons. Sauf pour le client. Les joies de la facturation au forfait !


Un freelance averti en vaut 2 

  • Autant que possible, privilégiez la facturation au temps passé : oui, ça c’est dans un monde idéal !
  • Cadrez vos prestations : soyez précis dans votre devis sur ce qui est inclus et ce qui est en sus. Ne vous laisser pas prendre au dépourvu !  
  • Ne vous vendez pas à rabais toute l’année ! : votre client n’a pas le budget pour se payer un site web sur-mesure google-friendly traduit dans 18 langues ? Qu’à cela ne tienne, proposez-lui des prestations à la hauteur de son porte-monnaie. Astuce : quand vous envoyez votre devis, proposez 3 versions de votre offre (minimale, intermédiaire, premium) avec 3 niveaux tarifaires. Cela permet à votre client de savoir clairement ce à quoi il peut prétendre en fonction de son budget. A lui de revoir ses exigences à la baisse (ou son budget à la hausse !).

Se trouver dépourvu quand la fin de mission est venue

« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-la fourmi à la cigale.
— Nuit et jour à tout venant
Je bossais, ne vous déplaise.

— Vous bossiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien ! Cherchez maintenant. »

Et oui, bien souvent, quand vous êtes en mission, vous êtes dévoué corps et âmes à votre client, si bien que vous avez cessé toute démarche de prospection.

Résultat : quand vient la fin de mission, point d’opportunité à l’horizon. Vous voilà bien démunie, sans aucun lot de consolation. Si ce n’est peut-être une recommandation… (ah bon, vous n’avez pas posé la question ?!?).

Et pompom sur la Garonne : ce que vous avez (durement) gagné, vous n’en avez pas mis de côté. Et comment vous le reprocher si n’aviez perçu que quelques deniers….Mais hélas, n’ayant pas le droit au service de Pôle Emploi et ayant des factures à payer chaque mois, vous n’avez pas d’autre choix que de chercher dare-dare un nouveau projet, une nouvelle mission (un nouvel emploi ?).

Pas le temps de vous appesantir sur votre sort : il faut trouver vite, quitte à travailler pour un client retord (et vous revoilà reparti dans le cercle vicieux).


Un freelance averti en vaut 2 

  • Soyez un peu plus fourmi que cigale : autant que possible, épargnez un peu tous les mois
  • Dédiez chaque semaine 1 journée pour prospecter / networker
  • Pensez au portage salarial pour bénéficier de l’assurance chômage à la fin de la mission. Un filet de sécurité pour vous laisser le temps de souffler et prendre le temps de trouver une mission qui vous rappelle pourquoi vous avez délibérément choisi l’inconnu plutôt que la stabilité.

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